mardi 27 octobre 2015

Contrôle de la Direction du Fitheb



La bataille de positionnement est ouverte 
 
Réunis en session le mardi 20 octobre dernier, les membres du Conseil d’administration du Fitheb ont désigné les trois éventuels directeurs de l’institution. Cette étape franchie, les tractations vont bon train entre les protagonistes qui feront désormais feux de tout bois pour se faire repérer par le ministre de la culture.

Le siège du Fitheb
Ils sont désormais connus les trois potentiels directeurs du Fitheb. A l’issue de sa session de travail tenue tard dans la nuit du mardi 20 octobre dernier, le Conseil d’administration du Fitheb a procédé à la désignation des trois éventuels directeurs de la prochaine mandature de l’institution. Au nombre de sept prétendants au fauteuil de directeur de la biennale, ils ont planché devant les membres du Conseil d’administration avec leur projet de mémoire pour la gestion administrative et organisationnelle du festival. Chaque concurrent en fonction de ses arguments, a essayé de défendre sa feuille de route. Après avoir écouté et noté tous les sept prétendants, les membres du Conseil d’administration ont retenu les trois meilleurs dossiers qui portent les noms des sieurs Marcel Orou Fico, Eric Hector Hounkpè et Osséni Soubérou. La mission du Conseil d’administration dans le processus de désignation du nouveau directeur du Fitheb prenant ainsi fin, le rapport des travaux de cette séance sera transmis au ministre en charge de la culture. Il revient maintenant à Paul Hounkpè, après avoir examiné cette liste de trois potentiels, de procéder à la nomination en Conseil des ministres du nouveau directeur devant conduire la direction du Fitheb. Mais comme il est souvent de tradition, les trois potentiels directeurs vont se lancer bientôt dans une bataille de tractations pour se faire repérer par les radars du ministre en charge de la culture. Chacun des potentiels directeurs jouera avec ses moyens, mais surtout mettra en branle ses relations pour se faire nommer. Wait and see !

Prix découvertes Rfi 2015

Encore trois jours pour voter le groupe Wood Sound du Bénin
 
Pour cette édition 2015 du Prix Découvertes Rfi, douze groupes d’artistes du continent africain sont nominés. Lancée depuis quelques jours, la phase de vote du public se poursuit jusqu’au 30 octobre prochain.

Asden et Liz du Congo, Banlieuzart de la Guinée, Darline Desca de l’Haïti, Dioba de la Mauritanie, Elida Almeida du Cap-Vert, Elinam du Togo, Joey le Soldat et Kantala du Burkina-Faso, Mao Sidibé du Sénégal, Mélodji du Tchad, Mija de Madagascar, Sanzy Viani du Cameroun et le groupe Wood Sound du Bénin sont les douze groupes d’artistes nominés au Prix Découvertes Rfi de cette année dont la phase de vote du public sera clôturée le 30 octobre prochain. Organisé chaque année par la Radio France Internationale (Rfi) en partenariat avec la Sacem, l’Institut Français, l’Organisation internationale de la Francophonie et l’Unesco, ce prix met en avant les nouveaux talents musicaux du continent africain. Désigné suite au vote du public et après un travail de synthèse d’un jury de musiciens professionnels, le lauréat de chaque édition bénéficie d’une récompense de 10.000 euros, d’une tournée en Afrique et d’un concert à Paris. Avec le soutien de ses partenaires, la structure organisatrice assiste le lauréat dans la promotion de son œuvre musicale sur les antennes de radios, télévisions et sur internet. Après Jacob Desvarieux, Youssou N’dour, Angélique Kidjo, Passi, Richard Bona, A’Salfo et Fally Ipupa, le jury de cette édition sera présidée par la talentueuse artiste Oumou Sangaré, deuxième artiste du continent a joué ce rôle après Angélique Kidjo. Pour information, le Prix découvertes Rfi a déjà récompensé des artistes aussi divers et talentueux tels que Tiken Jah Fakoly de la Côte d’Ivoire, Rokia Traoré du Mali, Didier Awadi du Sénégal, Amadou et Mariam du Mali ou Maurice Kirya de l’Ouganda. La réunion du jury qui sera consacrée à la désignation du lauréat de cette édition est prévue pour se tenir le 17 novembre prochain. En attendant cette ultime phase, découvrez le parcours du groupe Wood Sound du Bénin, nomminé dans la compétition.

Wood Sound, l’option d’un choix judicieux

Traduction française de « le Son du Bois », le groupe de musique béninoise Wood Sound, créé en 2010 sous l’initiative de Bonaventure Didolanvi, plus connu sous le pseudonyme de « Bona » est officiellement connu du public en 2013. Né d’un père chanteur et percussionniste, Bona baigne, dès sa naissance, dans l’atmosphère des chants traditionnels et des percussions. Il devient alors percussionniste-batteur de métier, et part jouer sur les scènes africaines, européennes et américaines aux côtés d’artistes de renom. Composé de sept musiciens béninois au parcours atypique, le groupe Wood Sound est né dans un contexte où la musique urbaine est la prédilection de plusieurs personnes surtout des jeunes. Mais cette réalité n’a porté aucune influence sur le choix du rythme musical du groupe qui a opté pour la musique de recherche : la musique moderne d’inspiration traditionnelle. Au finish, tout porte à croire que le groupe a opéré le choix judicieux puisqu’en trois ans de carrière professionnelle, Wood Sound compte à son actif la participation à une douzaine de concerts au plan national et surtout à l’international. C’est d’ailleurs cela l’objectif de la fondation du groupe Wood Sound, celui de conquérir le public à travers le monde avec ses sonorités cuisinées au style de la musique béninoise de source. Agencement de rythmes des tambours

Trois plasticiens au Centre arts et culture de Lobozounkpa



L’art de conter l’histoire sur des fresques puissantes 
 
En résidence depuis trois semaines au Centre arts et culture de Lobozounkpa, trois artistes de nationalités diverses présentent dans quelques jours, des créations d’arts encore inconnues du public. A travers une exposition de fresques dont le vernissage est prévu pour le 30 octobre prochain, des œuvres d’arts de l’histoire seront à l’honneur.

Débarqué chacun de son studio de travail habituel, trois plasticiens des arts de l’histoire venus d’horizons divers exposent le 30 octobre prochain dans les locaux du Centre arts et culture de Lobozounkpa, des œuvres de création en peinture murale et des toiles, le 30 octobre prochain dans les locaux du Centre arts et culture de Lobozounkpa dans la commune d’Abomey-Calavi. Après trois semaines de résidence, Stéphane  
Pencréac’h de la France, Bruce Clarke de l’Afrique du Sud et la franco-béninoise Christelle Yaovi, se préparent à conter une histoire commune matérialisée sur des fresques. Sur un mur du parking du Centre arts et culture, la fresque en cours de finition du plasticien français Stéphane Pencréac’h ne va laisser aucun visiteur de l’exposition indifférent. L’artiste déroule dans une œuvre de peinture murale de style d’histoire poétique, l’historique de l’esclavage dressée sur une grande surface de 20 mètres de long sur 10 mètres de hauteur. Enveloppé dans cette méthode de travail, le plasticien s’embarque dans un processus historique monumental sans aucun substitut de moral ni d’esprit. Dans son atelier de résidence, cette histoire se prolonge sur des tableaux réalisés à partir des tissus de pagnes qui abordent la révolution dans les pays arabes. Face à cette œuvre majestueuse, une seconde imagination créative de peinture murale, un peu plus sobre se laisse désirer. C’est bien évidemment la fresque montrant deux femmes recouvertes de tatouages, de lettres alphabétiques et de signes particuliers que son auteur, Christelle Yaovi a baptisé Body Trip, traduction de « voyage du corps » en langue française. Seule femme du trio que le centre abrite pour la première fois en résidence depuis sa création, Christelle Yaovi n’est pas venue là pour une compétition. Son souhait, c’est de marier ses pâtes de couleurs en blanc et noir sur un mur pour raconter son histoire et apporter un brin de lumière et d’espoir dans un espace de moments sombres. L’histoire étant une réalité complexe et difficile à comprendre, Bruce Clarke la démystifiée dans sa création de peinture murale consacrée aux réalités lisses, un monde dans lequel tout est « lisse » comme si rien n’était compliqué. Passionné du travail de démystification de l’histoire, le plasticien Clarke a essayé de vanter le monde, mais a tenté de pousser également sa réflexion de profondeur sur l’histoire des événements malheureux qui ont marqué la planète bleue. Ses tableaux « Les fantômes de mer », qui ont reçu déjà les derniers coups de pinceaux, constituent une évocation des personnes disparues dans la méditerranée. Formant entre les murs du Centre arts et culture, un triangle qui conforme l’harmonie et la volonté de travailler ensemble dans un espace commun, le trio de plasticiens attend de pieds fermes, les obsédés de la peinture murale au vernissage du vendredi prochain, pour une balade dans le monde des histoires contées par la puissance des fresques.


lundi 7 septembre 2015

Après le premier prime de Bénin Révélation Stars

Six candidats retenus pour la prochaine étape

La 3ème édition du concours d’interprétation musicale en acoustique et en live des vacances, Bénin Révélation Stars a livré son premier prime le samedi 5 septembre dernier à la Bluezone de Zongo. A l’occasion d’une soirée musicale, huit candidats en lice pour la compétition, ont rivalisé d’ardeur dans leur prestation, devant un public émerveillé et un jury séduit par le talent des challengers.
Salème Alokpo 6ème avec 27.85 sur 50, Kévynn Honfo 5ème avec 29.07, Carlos Fassinou 4ème avec 31.06, Audrey Amoussouvi 3ème avec 36.45, Moïse Nagbo 2ème avec 39.07 et Yves Gnonlonfoun 1er avec  40.1, sont les six candidats retenus par le jury, à l’issue du premier prime de Bénin révélation stars (Brs), pour poursuivre l’aventure de cette édition 2015. Sur la vingtaine de candidats aspirants à la compétition, huit ont été sélectionnés après les étapes du casting, des formations et des
répétitions. Devant un jury composé de professionnels de la musique tels José Elmah, Nana Yao, Emmanuel Tiémoko,  Habib Dakpogan et Méchac Adjaho, les huit concurrents au starting bloc du premier prime de Bénin révélation stars sont passés, chacun sur la scène de la Bluezone pour faire valoir leur talent et potentialités. Dans leur premier passage dédié aux morceaux choisis, les candidats ont interprété avec  véhémence des chansons telles que « J’me tire » de Maître Gims, « Julina » de Claude Michel, « Koulélé » de O’nel Mala, « My heart will go on » de Céline Dion, « What money can’t buy » d’Alexandra Burke, etc. Au deuxième passage en morceaux imposés, les candidats ont rendu hommage, dans leur prestation,  aux grandes figures de la musique béninoise et  africaine. Ainsi, Fassinou Carlos et Honfo Kevynn ont  réussi avec brio l’interprétation de la chanson « Birima » de l’icône de la musque sénégalaise et du rythme M’Bala, Youssou N’Dour.  Nagbo Abel Moïse Mahugnon et Gnonlonfoun Yves, ont essayé d’imiter l’artiste Belmonde Zed dans le morceau « Dèdè ». Pour un coup d’essai, se fut un coup de maître pour Moïse et Yves qui ont arraché des pas de danse chez la centaine d’invités présents dans la somptueuse salle bleue-Blanc de la Bluezone. Contrairement aux artistes Youssou N’Dour et Belmonde zed qui n’ont pas effectué le déplacement, Miss Espoir a honoré de sa présence à l’événement pour recevoir les hommages de la compétition. Assise dans sa chaise, face au public, dos à l’orchestre, l’artiste Miss Espoir a assisté à la prestation des quatre candidates de la catégorie féminine de la compétition, qui ont chanté son morceau « Houn Ba Wékpo ». Remplie d’émotions et débordée des larmes de joie, l’heureuse de la soirée a déclaré : « Je ne savais pas qu’au Bénin j’étais autant considéré pour recevoir les hommages… » Pour rappel,  les six concurrents retenus vont poursuivre la compétition au deuxième prime le jeudi 10 septembre prochain dans le studio d’Oscar Kidjo et la finale de la compétition est prévue pour le samedi 12 septembre 2015.


mercredi 10 juin 2015

Semaines Culturelles Béninoises en Allemagne

Des artistes béninois sous les feux de la rampe

Les Arts et la Culture béninoise sont depuis hier 9 juin à l’honneur en Allemagne. A travers la tenue des 1ères semaines culturelles Béninoises en Allemagne (SeCuBa 2015),  l’association  Arts Vagabonds Rézo Afrik Bénin  et ses partenaires célèbrent le Bénin dans toutes ses dimensions culturelles. Pour l’occasion, des spectacles et des expositions de quatre artistes béninois seront organisés dans trois villes allemandes.

Arrivée des artistes en Allemagne
Sous l’initiative de Christel Gbaguidi, promoteur culturel béninois résidant en Allemagne, trois villes allemandes à savoir Rudolstadt, Dresden et Berlin abritent  la première édition des Semaines Culturelles Béninoises en Allemagne (SeCuBa 2015). Pendant dix jours, du 9 au 19 juin prochain, les Béninois de la diaspora et la population allemande vont s’abreuver à la source de la diversité culturelle béninoise.  Quatre artistes béninois sont mandatés à mettre en effervescence la République fédérale aux couleurs du Bénin. Le comédien Fidèle Anato, chargé de séduit  le public avec son spectacle de conte-théâtralisé « Maïa ».  La jeune musicienne Espérance Gbaguidi, choisit pour accompagner sur un air de Jazz et de Blues, l’Exposition photographique sur le Fitheb du photographe béninois Charles Placide Tossou. Cette exposition comporte 40 photos sur
le FITHEB de 1998 à 2014.  L’artiste plasticien  Rodrigue Towanou, sélectionné pour épater les invités avec ses œuvres artistiques et ses toiles. Un atelier de théâtre sur le thème « Espace-corps et la fuite » sera également animé par Cristel Gbaguidi pendant ces rencontres culturelles en Allemagne. La volonté du promoteur Christel Gbaguidi, soutenu dans cette initiative par la Fédération des Ressortissants du Bénin en Allemagne (FARBA), l´Association des Béninois de Berlin et de Brandebourg (ABEBB) et l’Ambassade du Bénin près l’Allemagne, est de favoriser l’accès de la culture, des arts et  en particulier du théâtre béninois aux populations de l´Allemagne. Arts Vagabonds Rézo Afrik Bénin est une association socioculturelle à but non lucratif, apolitique et non confessionnel qui travaille à travers les arts avec la jeunesse du Bénin et du monde suivant des thématiques qui les impliquent peu ou prou et ayant trait à la politique et au social. Elle allie ses actions de recherche et de création artistique tant au Bénin, au Burkina-Faso qu’en Allemagne et en France.



Dix ans après le décès de Feu Joseph Cocou Kpobly

Les acteurs des Arts et de la culture s’en  souviennent
  
(Un hommage sera rendu à l’artiste du 13 au 14 juin prochain)
Le présidium à la conférence de presse

« Plein feu sur l’œuvre du plasticien, Feu Joseph Cocou Kpobly ». Ainsi s’intitule le projet en hommage à l’émérite artiste plasticien béninois et architecte-décorateur de télévision décédé bientôt dix ans. Réunis au sein de la Fédération des Associations Professionnelles des Plasticiens et Graphistes du Bénin (Faplag-Bénin) et de l’Association des Artistes Plasticiens du Bénin (APV), les acteurs des Arts et de  la culture au Bénin ont décidé de rendre un hommage mérité à cette icône des arts plastiques. Conviés à une conférence de presse le mardi 9 juin dernier au siège de la Faplag-Bénin, les journalistes culturels ont été mis au parfum du programme concocté par ses acteurs culturels dans le cadre de la commémoration du dixième anniversaire de décès de l’artiste Kpobly. Selon les explications de Philipe Abaï, le président de la Faplag-Bénin, les objectifs de ce projet sont de mettre en lumière la qualité et la densité des œuvres de cet homme, de prouver que l’artiste ne meurt  jamais, de permettre à la jeunesse de prendre des repères sur des modèles vivants ou désincarnés ayant laissés des traces positives par la qualité et la densité de leurs œuvres et enfin de donner la preuve de ce qu’au Bénin, nous savons reconnaitre les mérites aux gens qui excellent dans leur domaine d’activité. Plusieurs activités sont prévues au programme de cette commémoration qui  se  déroulera du 13 au 14 juin prochain au siège de la Faplag-Bénin à Cotonou et sur le site qui abrite le mausolée de l’artiste à  Pahou.

Le programme de la cérémonie de commémoration des dix ans de décès de Kpobly

Samedi 13 Juin 2015
10h à 18h : Exposition des œuvres de l’artiste Feu Joseph Kpobly
                    Performance artistiques par les plasticiens Béninois
                    Animations culturelles diverses

Dimanche 14 juin 2015
 09h 00 :    Messe d’action de grâce en l’église Saint-Antoine de Padou de Zogbo
12h – 14h : Vernissage de l’Exposition des œuvres de Joseph Kpobly (Arts Plastiques)
                    Performances artistiques par les plasticiens Béninois.
                    Animations culturelles diverses
                    Rafraichissement
14h 30 – 17h 30 :
                    Projection d’un film documentaire sur l’artiste
                    Communication sur la vie et l’œuvre de l’artiste
                    (Feu Joseph Kpobly en quatre panels)
                    Animations culturelles diverses

                    Fin des activités. 

lundi 16 mars 2015

Cinq ans après la sortie de son premier album audi

Roll Gnipos signe son comeback avec « Sibavi »

Cinq ans après la sortie de son premier opus, le jeune artiste chanteur béninois Roll Gnipos a effectué son retour sur la scène musicale le dimanche 8 mars dernier dans un nouveau rythme musical « Elezo ». A travers une soirée de lancement qui s’est tenue au Hall des  Arts Loisirs et Sports, le second opus « Sibavi » en hommage à la femme africaine a été présenté aux acteurs de la musique béninoise, mécènes et fans de l’artiste.

Roll Gnipos
En marges des festivités qui ont meublées la célébration de la journée internationale de la femme au Bénin le 8 mars dernier, l’artiste chanteur Roll Gnipos a honoré d’une manière particulière les femmes du Bénin. Conviées à une soirée culturelle au Hall des Arts Loisirs et Sports de Cotonou, l’artiste a dévoilé aux femmes béninoises son nouvel opus « Sibavi ». Une chanson populaire dans la région du Mono, que l’artiste a reprit sur des notes musicales de son nouveau rythme « Elézo ». Cet album composé de six titres dont l’arrangement  a été assuré par deux  professionnels de la musique que sont Fifi Finder et Fagem, aborde plusieurs thématiques de la vie avec un accent particulier consacré à l’amour. « Sibavi  signifie la femme en Mina et à travers cet album, j’ai voulu faire plaisir à la femme qui représente pour moi l’humanité.» a confié l’artiste. Tous présents à cette cérémonie de lancement, les parrains de l’événement Hounnon Béhumbéza, Christophe Ayissi, Florent Gbahangnansi, Alain Vigan, Pierre Gbégnon, Obed Couton et Bokonon Dogbo Gbèdégbé n’ont pas lésiné sur les moyens pour soutenir l’œuvre de l’esprit. Sur la scène du théâtre de verdure du Hall des Arts Loisirs et Sports, plusieurs artistes ont accompagné et soutenir leur collègue à travers leurs différentes prestations. Il s’agit entre autres de Bless Antonio, Nelly Alia, Lady G, Pélagie la Vibreuse, Sèna Noble, Yélian de Silva, Norberka, Houéssi et pleins d’autres. Pour rappel,  cette œuvre discographique a été réalisée et produite par la structure   Djopopo Productions de Roland Kinhou.

Quelques réactions à la fin du lancement

Roll Gnipos : je suis vraiment ému et comblé de cette mobilisation massive des béninois, toutes classes sociales confondues autour de ma petite personne et de mon album. Vraiment je ne sais quoi dire, sinon remercier Dieu qui a permis à ce que je sois là aujourd’hui et que mes projets aboutissent. Bientôt nous entamerons une tournée nationale  et ensuite à internationale, pour la promotion de cet album. L’étude de faisabilité est en cours. Du fond du cœur, je remercie toute la population béninoise, tous les artistes, les mélomanes et tous les mécènes qui ont effectué le déplacement du Hall des arts pour moi. Je leur promets de mieux faire, de donner le meilleur de moi-même pour ne jamais les décevoir.

Roland Kinhoun, Pdg Djopopo Productions : je suis très ravi de la prestation de Roll Gnipos ce soir. Je n’avais pas de doute en ce qui concerne son talent et son potentiel, mais ce soir il m’a encore convaincu. Je pense que je peux lui faire confiance et que nous avons du travail à faire. Le chemin est long certes, mais nous irons très loin. Je suis vraiment content du public béninois qui a fait le déplacement massif. Je ne m’attendais pas à ça, mais ça prouve qu’ils aiment vraiment Roll Gnipos. Comme je l’ai dit, le chemin est très long et le travail commence déjà ce soir. Je  voudrais qu’ils accompagnent davantage l’artiste en consommant sans modération l’œuvre qui vient d’être mise sur le marché.



lundi 16 février 2015

Entretien avec le manager culturel Moustapha Patrice Ahounou

Moustapha Patrice Ahounou
« J’ai des études de faisabilité pour créer en un mois des millions d’emploi au Bénin »

Fondateur de Business Management Communication, Moustapha Patrice Ahounou, est un spécialiste du management culturel qui intervient sur plusieurs festivals en Afrique et dans le monde. Au détour de son récent passage au Bénin, l’expert culturel à travers cette interview exclusive accordée au journal Educ’Action, lève un coin de voile sur son projet « 1 million d’emploi en 6 mois ». Dans cet entretien, l’acteur Patrice Ahounou, révèle également les insuffisances qui freinent le développement de la culture et des Arts au Bénin après 54 ans d’indépendance. Découverte !


Présentez-vous à nos lecteurs ?

Je suis un acteur culturel, un manager culturel sur le continent africain et un peu plus ailleurs. Je travaille uniquement sur la culture parce que je me suis dit voilà une source de richesse intarissable, fiable et viable que nous avons sur le continent et dont nous ignorons les qualités. Donc depuis plusieurs années, je me suis spécialisé dans le management culturel sur toutes ses formes. Je peux faire de la conception d’un projet, de la réalisation d’un projet, de la coordination d’un projet, du suivi-évaluation d’un projet et de la planification d’un projet. Je suis Béninois d’origine mais je suis africain de nationalité. Je dirige une structure qu’on appelle Business Management Culture (BMC) à travers laquelle je fais du business et du management culturel. Pourquoi du business, parce que la culture ne relève pas du secteur social. Contrairement à ce que les gens pensent, la culture relève du secteur marchand. C’est-à-dire une activité autour de laquelle nous pouvons créer de la richesse et des emplois. Parce que si ceux qui travaillent dans le secteur n’ont pas de quoi vivre, n’ont pas le minimum pour vivre, non seulement ils n’auront pas de la motivation, mais le secteur va mourir.

Après 54 ans d’indépendance, la Culture et les Arts sont toujours à la traine au Bénin. En tant qu’expert  dans ce secteur, vous avez parcouru des pays africains qui ont réussi à faire de la culture un levier pour le développement. Pourquoi dans votre pays ce n’est pas encore le cas ?

Cette situation au Bénin s’explique par un problème d’organisation. Ce n’est pas le problème de management, mais c’est d’abord un problème d’organisation. En Afrique au sud du Sahara, le Bénin est l’un des rares pays où le gouvernement consacre une petite partie de son budget à la culture. Malheureusement, l’organisation qui entoure ce taux affecté à la culture est mauvaise. Elle est mauvaise à partir de la définition du fonds. On ne peut pas octroyer un fonds comme si s’était à but non lucratif. En octroyant  un fonds à la culture, quel est le résultat attendu? On veut stimuler les acteurs à aller un peu plus loin. Mais ce n’est pas ce qui se passe actuellement  parce que le fonds qui devrait servir au développement de la culture n’est pas logé dans une banque. Le fonds n’a pas besoin d’une structure pour sa gestion. Une structure qu’on installe et qui vit de ce fonds, le fonds n’en a pas besoin mais il a besoin des lignes directes. Des lignes qui sont claires et connues de tous. On devrait loger ce fonds dans une banque en disant qu’il est destiné aux acteurs culturels. Un acteur culturel, cela veut dire qu’il répond à des critères bien déterminés. Si cet acteur ne répond pas à des critères, il ne peut pas aller toucher à ce fonds. Il justifie son projet et la banque regarde la faisabilité de son projet suivant des critères avant d’accorder le financement.  En prenant ce fonds à un taux dérisoire de 2% par le bénéficiaire, cela permettra de régénérer le fonds. C’est pour ce qui concerne le fonds. Maintenant pour  l’histoire d’organisation, vous savez, un pays comme le Bénin n’a pas un calendrier culturel. A la veille de chaque nouvelle année, les députés votent un budget à l’Assemblée Nationale. Voilà ce qui devrait-être fait également dans la culture. Cela veut dire que les acteurs de tous les secteurs de la culture vont se réunir  à la veille de la nouvelle année pour s’organiser et planifier avec cohérence les activités au niveau d’un calendrier culturel. Ce faisant, aucune activité ne va s’entremêler dans une autre. En arrivant à Cotonou, vous entendez qu’il y a plusieurs festivals qui se tiennent dans une même période. C’est la même masse monétaire, c’est la même clientèle qui va s’éparpiller sur les différents endroits et comme cela qu’est-ce qu’ils vont récupérer les organisateurs ?

1 million d’emploi en six mois  grâce à la culture. Vous pensez que c’est possible au Bénin. Parlez-de ce projet que vous avez l’ambition de réaliser.

Tout le monde me pose la question de savoir d’où je sors cette affaire là.  Mais je dis ceci, la culture ne ressort pas du secteur social, elle ressort du secteur marchand. Si nous voulons donner de la valeur ajoutée en créant de la richesse et des emplois dans ce secteur, il faut créer les conditions de l’exercice dans ce secteur marchand là. Metteurs en scène, cinéastes, artistes, humoristes et autres acteurs de la culture se plaignent de l’insuffisance d’espaces culturels pour s’exprimer. Autour d’un espace culturel, c’est de la richesse qui se crée. Donc la première priorité de ce projet, c’est de créer des espaces culturels sur toute l’étendue du territoire national. Et quand je parle d’espaces culturels, c’est des espaces qui répondent à des normes.  Les espaces sont faites de telle sorte que sur place vous avez des salles de répétition, vous avez des salles de formations, vous avez des studios, vous avez des salles de live. Donc au même endroit, c’est un tout. Si nous créons les espaces, nous allons avoir tous les corps de métiers. Regardez les musiciens, un instrumentiste joue pour 10 groupes. Mais avec les espaces ce n’est pas possible parce que nous irons vers le semi-professionnel. Donc, ce qui fait qu’un musicien qui joue avec Alèkpéhanhou par exemple ne pourra pas aller jouer avec Adizé. Il jouera uniquement avec Alèpéhanhou parce celui-ci sera en prestation six jours sur sept. Adizé, cinq jours sur sept. Donc le corps de métier aura de la matière et nous allons valoriser ceux qui sont des formateurs, des musicologues, qui ont été à l’école mais qui ne mettent pas leur savoir en valeur faute d’endroits qui n’existent pas. A partir de là, vous n’entendrai plus qu’il n’y a pas d’emploi parce qu’un espace culturel peux créer tellement d’emploi. Si nous créons des espaces, les partenaires viendront nous payer des montants énormes qui permettront de faire vivre ses espaces là. Quand on dit qu’au Bénin il n’y a pas de musique de référence je dis oui. Parce que les conditions ne sont pas réunies pour qu’il y ait véritablement une musique béninoise. Si vous créez des espaces, les célébrités d’aujourd’hui vont disparaitre parce qu’il y aura une émulation qui va amener d’autres talents à faire émerger d’autres musiques. C’est la scène qui forme. Voilà ce que j’apporte au Bénin. J’ai les maquettes, les études de faisabilité pour permettre au bout de six mois de créer des millions d’emploi tout corps confondus. On me dit qu’au Bénin la piraterie tue les artistes et moi je réponds que c’est parce qu’on n’est pas organisé. Si vous avez un calendrier culturel et  qu’on sait qu’en 2016, nous devons sortir 200 artistes ou nous devons sortir 50 albums, nous créons un central d’achat qui a droit au fonds. Vous déposez vos albums selon le calendrier et la centrale d’achat fait une sélection. Il décide par exemple de sortir 50 albums dans le mois de Mars et peut commander 50.000 ou 100.000 CD de cet album. Si on réalise 100.000 CD par albums et qu’on vend à 500F cela fait 500 Millions. Cela  veut dire que si la centrale d’achat reçoit  aujourd’hui 100.000 albums, ils partagent ses albums en moins de 30Mn sur toute l’étendue du territoire à 500F. Dans ces conditions qui peut pirater l’œuvre. Je ne vais pas me mettre à définir tout parce qu’il y a des spécialistes de copie et de mal copie.

Vous êtes à quelle étape de la réalisation de ce projet ?

Je suis toujours à l’étape d’analyse et d’étude de faisabilité au pays. Les autorités béninoises ne m’ont pas saisi officiellement et je n’ai pas déposé de dossier dans ce sens là parce que c’est un projet itinérant pour moi. Il n’est pas politique mais culturel et il restera culturel. J’ai l’obligation de venir m’installer au Bénin parce que j’ai servi le continent africain depuis plusieurs années et je continue de le servi. Il est de mon devoir de venir servir le Bénin